Pierre Richard
Villedrouin
Architecte
sustainable architecture Haïti, architecture durable
Bathus Logos
Montagne Noire
Construction:1978-1996
Érigé sur un flanc de colline très escarpé, sur une parcelle dont la forme rappelle le tracé de l'Italie, ce projet fut le plus éprouvant pour l'architecte. Le chantier fut interrompu pendant plusieurs années durant la période de l'embargo avant d'être achevé en 1996.
C'était la résidence de Villedrouin, profondément marquée par l’empreinte personnelle de son créateur, qui y a apporté des améliorations continues au fil des années.
Caractéristiques structurelles et fonctionnelles
Le bâtiment se distingue par une conception hautement singulière et fonctionnelle :
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Le rez-de-chaussée comprend une vaste terrasse accessible par des escaliers élégants. Le salon et la salle à manger sont sécurisés par deux ensembles de portes.
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Trois panneaux de verre réfléchissant, encadrés de lattes métalliques argentées, peuvent être déployés et glissés latéralement. Ces portes sont inviolables lorsqu’elles sont closes, assurant une sécurité maximale.
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L’accès aux étages se fait par un escalier situé sous une pyramide en verre, devenant un point central symbolique et fonctionnel du bâtiment.
Circulation et espaces ouverts
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La maison intègre une conception ouverte et aérée :
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Les trois chambres à l’étage sont dégagées, et des ouvertures stratégiques entre les étages permettent de voir d’un niveau à l’autre, facilitant la circulation de la lumière naturelle et de l’air. Contrairement à une construction classique où les planchers sont fermés, ces ouvertures agissent comme des « conduits de ventilation .»
Espaces remarquables et éléments symboliques
Plusieurs lieux dans la maison reflètent les passions et les choix esthétiques de l’architecte :
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Une vaste pièce sous une pyramide sert de sanctuaire de yoga, discipline pratiquée rigoureusement par l’architecte pendant plus de 50 ans.
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Un cocon a été excavé sous le parking, fonctionnant à la fois comme bureau et lieu de méditation. Cet espace témoigne de son approche introspective et intégrée du design.
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Un studio d’invité, situé en contrebas de la propriété, peut également être loué ou utilisé pour l’accueil.
Le système triangulaire : cœur structurel et expérimental
La structure repose sur un système de triangles en coffrage, élément fondamental du caractère expérimental du projet :
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Deux familles de triangles ont été utilisées :
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Des triangles rectangles isocèles, au rez de chaussée, sont utilisés initialement comme module structural.
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Des triangles équilatéraux, plus tard intégrés dans les dalles et au-dessus des pyramides. Ceux-ci, réalisés en fibre de verre, étaient à l’origine conçus pour le projet du Lycée de Port de Paix, où environ 250 triangles furent utilisés pour couler 250 m² de dalles.
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Ce système a rendu les coffrages recyclables et interchangeables, permettant d’adapter la construction à la morphologie escarpée et irrégulière du terrain sans avoir à couper excessivement le bois (comme c’est la norme avec les bois de 2x4).
Dallages et conception géométrique
La gestion de la dénivellation du terrain a mené à une stratification complexe :
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Le salon, positionné dans une dépression naturelle du sol, forme une sorte de cuvette, accessible par des marches descendantes.
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La galerie et d’autres espaces sont à des niveaux plus élevés, créant plusieurs paliers.
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Le premier béton coulé a été réalisé en deux temps, avec des plateaux de triangles semi-coulés, permettant une adaptation progressive.
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La cuisine et le portique d’entrée partagent la même conception avec des triangles rectangles isocèles.
Pyramide du Louvre et inspiration musicale
L’une des innovations majeures est la pyramide en verre située au-dessus de l’escalier :
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Inspirée de la pyramide du Louvre, elle utilise des carreaux de verre de 60 cm de côté, au nombre d’environ une quarantaine.
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Ces panneaux, lorsqu’ils sont frappés par la pluie, produisent des sons de tonalités différentes selon leur angle d’ancrage dans les poutres, créant un effet musical, comme un tambour. Ce détail en fait un instrument architectural vivant.
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Cette pyramide devient un pivot libérateur dans l’évolution du projet, représentant un tournant dans la conception de la maison, même si elle n’était pas prévue à l’origine.
Revêtement des sols : un choix local et innovant
Au lieu d’opter pour le terrazzo, jugé trop complexe à réaliser sur un terrain aussi bosselé, l’architecte a privilégié le marbre :
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C’est son beau frère, Maurice Wiener, qui lui a suggéré l’idée du marbre.
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Le marbre provient d’une marbrerie haïtienne qui produisait du marbre rose des gisements trouvé près des Sources Puentes, au nord, de Port au Prince.
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La pose était assuré par M Pascal Casséus, un architecte qui s'était spécialisé dans les planchers en marbre et dirigait une équipe pour poser le revêtement avec précision.
Évolution et usages des espaces
Certains espaces ont vu leur fonction évoluer :
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Deux chambres symétriques existaient : l’une au-dessus du salon, l’autre au-dessus de la cuisine, avec une troisième au centre, au-dessus de la terrasse.
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Un vaste espace sous une des pyramides à l'étage est un sanctuaire du yoga, une pratique que l'architecte a rigoureusement exercée pendant plus de cinquante ans.
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Un cocon a été excavé sous le parking. C'est un espace voûté qui a été utilisé par l’architecte comme atelier.
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Un studio à louer ou à usage pour les invités se trouve en contrebas de la propriété.
Conception du terrain et accessibilité
La topographie du site a influencé de nombreux aspects :
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Un coffrage innovant a été nécessaire car le terrain rocailleux rendait impossible une base uniforme, contrairement à l’autre maison jumelle située sur un sol plus malléable.
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Un système de caissons (2,80 m sur 2,80 m) a été utilisé pour limiter la poussée de terre et créer un parking en contrebas, lieu initialement prévu pour les voitures mais plus tard réaffecté.
Exterieur, clôture et sécurité
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Les jardins, en terraces, regorgent de plantes rares sont entretenus par son expert jardinier M Sheelove.
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Un mur de clôture a été érigé comme rempart impénétrable, principalement pour protéger la section sud de la propriété contre les camions circulant sur la route voisine.
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La maison bénéficie d'un portail pliant en balançoire, réalisé avec brio par le maître ferronnier Monsieur Fitz-Alexandre, elle résistera aux chocs des conducteurs inexpérimentés sur les virages serrés.
Villedrouin considèrait cette maison comme la concrétisation de son héritage architectural, un laboratoire des techniques qu'il a perfectionné tout au long de sa carrière.
























