Pierre Richard
Villedrouin
Architecte
sustainable architecture Haïti, architecture durable
Les techniques de construction illustrées.
Pierre Richard Villedrouin est un amateur de rythmes, de formes et d'espace. Il apprécie le processus d'exécution qui, souvent, détermine le choix final des éléments impliqués. Il acquiert la diversité spatiale en adaptant les matériaux courants de son pays : blocs de béton, briques de ciment et béton sur formage modulaire. L'ordre orthogonal s'exerce au niveau de la verticalité, mais il privilégie la rupture de ses plans selon des orientations de 45 ou 60 degrés. Les motifs circulaires l'incitent à examiner des voûtes et des dômes qui résultent d'une application minimisée de coffrage, grâce à des patrons modulables en mouvement de translation ou de rotation, ainsi qu'à des encorbellements ajustables en poses annulaire.
En complément à cette approche de béton et de fer en porte-à-faux, il érige des coupoles de briques servant de planchers ou de toits selon qu'il s'agit de logements à plusieurs étages ou de maisons inondées de lumière grâce aux dômes découpés.
Une approche encore plus radicale autour du non-coffrage (Haiti étant particulièrement déboisée) sont des solutions exécutées sur ces plans divers : quadrilatères, polygones étoilés, tours, cercles concentriques avec patio central) ou les murs deviennent toit. Murs et toits de parpaings, chainage minimum, ascension continue jusqu’au faite de la spirale.
La piscine de Marlène MacKay
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Le fond de la piscine est constitué d’un dôme généré par une voûte en construction mobile.
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Cette voûte repose sur un cylindre muni de roulettes disposées sur son périmètre, permettant de faire pivoter l’ensemble.
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Pendant la rotation, des briques sont posées les unes à côté des autres le long de la courbe de l’arc, à l’aide de mortier (un mélange de sable et de ciment).
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L’arc utilisé n’est pas exactement un arc à flèche, mais une structure courbe servant de guide à la pose des briques.
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Une fois la construction terminée, la structure devient suffisamment solide pour supporter le poids des personnes qui marchent dessus.
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L’enduit est appliqué progressivement sur les briques apparentes au fur et à mesure que la construction s’élève.
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La dernière bordure contient également de l’eau, et comporte une promenade circulaire.
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Mécanism rotative pose de briques

Dôme au centre et application de l'enduit.

Piscine pleine



Piscine vue d'en bas
Les parois montent
Piscine pleine
L'Immeuble "Casa Coupole"
L’immeuble de la rue Villate, construit pour sa mère Clothilde Armand Villedrouin, est une réalisation emblématique. Mme Villedrouin, inspirée par des immeubles à Cuba dans les années 1950, a commandé ce projet sans donner d’indications précises, faisant entièrement confiance à son fils. Cet immeuble, l’un des premiers de quatre étages à Port-au-Prince, a été rapidement loué à des étrangers, diplomates, coopérants et fonctionaires internationaux.
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Les deux tours ont été construites simultanément avec le même système de voûtes.
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Une structure centrale, contenant les escaliers, relie les deux tours.
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Au dernier étage, le coffrage a été rendu plus bombé et arrondi pour donner plus de noblesse et de générosité à l’espace.
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Les voûtes y sont surélevées : de 60 cm dans les appartements inférieurs, et de 1,20 m à 1,50 m au dernier étage.
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Cette modification vise à créer des espaces plus ouverts et majestueux, notamment car le dernier étage ne comporte qu’un seul grand appartement au lieu de deux.
Évolution des techniques de construction des voûtes
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Par la suite, une méthode plus avancée a été adoptée : plusieurs arcs entrecroisés partant d’un poteau central, formant une structure en hélice.
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Sur cette hélice, des fers de 3 huitièmes de pouce sont posés horizontalement, servant de support à la pose des briques.
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Une chape de mortier de béton est ensuite appliquée par-dessus les briques.
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Une fois la structure consolidée, les coffrages peuvent être retirés, permettant de passer à l’étage supérieur.
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Contrairement à un coffrage traditionnel, ce système utilise des arceaux métalliques (non horizontaux), formant des sections courbes qui s’insèrent les unes dans les autres.
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Cette méthode a permis une construction rapide et efficace de deux tours simultanément, avec une équipe de chaque côté.
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Un système de « cercles imbriqués » a été utilisé, créant une structure centrale avec un grand trou, supportant l’ensemble.
Caractéristiques des briques utilisée
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Villedrouin a utilisé des briques haïtiennes spécifiques pour ses constructions : des blocs de ciment aux faces lisses, avec des trous uniquement sur une face, permettant des poses inclinées pour créer des textures.
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Ces blocs servaient aussi de coffrage pour le béton armé versé derrière, assurant une solidité optimal.Les briques employées ne sont pas creuses, mais possèdent un creux permettant d’y insérer le mortier pour former une chape supérieure.
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Les briques utilisées sont spécifiques : seules leurs faces visibles apparaissent, avec une dimension apparente de 5 cm par 6 cm, ce qui donne une finition soignée.
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Les briques sont choisies de manière à ne pas laisser apparaître leur épaisseur, mais uniquement leur largeur, une fois la voûte achevée
Matériaux et structure métallique
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Bien que la structure contienne beaucoup de ferraille (visible sur les photos), les fers utilisés sont relativement minces, ce qui rend le système économique.
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La majorité de la ferraille est récupérable après le retrait des coffrages, puis réutilisée à l’étage suivant.
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Les zones les plus renforcées sont les couronnes périphériques, car elles supportent le poids des personnes qui marchent dessus.
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Un élément en acier est présent dans cette zone, mais sans excès : la structure reste sobre et efficace.
Origine de la technique de construction
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L’idée des voûtes générées provient du père de l'architect, l'ingénieur Emile Villedrouin.
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Cette technique a été initialement réalisée par Emile Villedrouin pour son beau-frère Roger Armand, dans une briqueterie qu'il possèdait appelée Le Globe.
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À l’époque, Roger Armand y produisait des briques en argile. Le Globe, a fini par être dépassée par une entreprise plus agressive : Dunbrick.
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Dunbrick produisait des briques en ciment, plus faciles à fabriquer car elles ne nécessitent pas de four ni de bois pour la cuisson.
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Avec l’avènement du modernisme et du béton, les briques en argile ont perdu leur monopole.
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Les briques en argile sont plus lourdes, donc moins adaptées aux grands édifices.
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L’immeuble de la rue Villatte, construit en briques de ciment, en est un exemple : il est plus léger.

Etages avant la pose des dômes

Structure des tours

Immeuble achevé autour de 1978
Le Coffrage triangulaire: Coffrage en deux générations
Objectif
Construire des dalles de béton horizontales sur un terrain irrégulier sans couper les poteaux en bois, afin d’éviter le gaspillage de matériaux coûteux comme les lattes de 2x4x12 pieds.
Première étape : Mise en place d’un système d’étais verticaux de longueurs variables, suivant les irrégularités du terrain. Ces poteaux ne sont pas coupés, mais ajustés en hauteur grâce à un assemblage utilisant des fonds de poutres en contreplaqué découpés en quatre à partir d’une seule feuille de contreplaqué.
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Ces fonds forment des triangles rectangles isocèles qui servent de base pour les poutrelles.
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Le système permet de créer une plateforme initiale en contreplaqué, positionnée à niveau, malgré le sol inégal.
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La premiere génération de coffrage réticulée triangulaire sont des triangles rectangle isocèle (qui possède à la fois un angle droit de 90°, deux côtés de même longueur et deux autres angles de 45°.) Cette approche innovante utilise des materiaux extremement économique: la feuille de plywood/contreplaqué d'un quart de pouce (0.63cm) d'épaisseur sur 2 pied x 4 pied de large (60.96 cm x 121.92 cm) générant 4 triangles par feuille.
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Pour réaliser ce coffrage, Les poutres sont coulées en deux étapes. Les poutres qui encadrent les triangles d’abord, à une moitié de hauteur (par exemple 7,5 cm pour une poutre de 15 cm), puis la seconde moitié après pose du triangle en contreplaqué/plywood.
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Renforcement des poutres avec des fers à béton très minces et économiques, rendus efficaces par la résistance intrinsèque de la forme.
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La présence des cadres en bois dans la deuxieme photo est superflu et décorative.
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La deuxieme génération de triangles sont des des triangles équilatéraux (triangle dont les trois côtés ont exactement la même longueur et ses trois angles internes sont de même mesure et valent chacun 60°.) Ce coffrage est réalisé avec des moules en fibre de verre qui étaient à l’origine conçus pour le projet du Lycée de Port de Paix, où environ 250 triangles furent utilisés pour couler 250 m² de dalles.
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Ce système a rendu les coffrages recyclables et interchangeables, permettant d’adapter la construction aux morphologies souvent escarpées et irrégulières des terrains sans avoir à couper excessivement le bois (comme c’est la norme avec les bois de 2x4).
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Contrairement au coûteux ciment armé utilisé par ses mentors, Candela et Nervi, le système de Villedrouin a donné des résultats incroyables avec les matériaux dont il disposait.

1ère generation coffrage a triangle rectangle

1ère generation coffrage a triangle rectangle

2ème generation de coffrage aux triangles équilateraux
Respect de la Nature
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La conception du lycée de Port-de-Paix, en forme de croix, a été déterminée par l’emplacement des arbres existants, disposés en forme de X sur la place. Ces arbres, des Azadirachta indica (Nims), ont été coupés pour faciliter la construction, mais ont rapidement repoussé. Aujourd’hui, ils apportent ombre et fraîcheur au lycée.
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L’emplacement de la maison de l’artiste Hilda Williams a été choisi en fonction d’un beau cayimitier présent sur le terrain, qui reste encore aujourd’hui le point focal du jardin. Les baies vitrées de la maison offrent une vue dégagée sur cet arbre, renforçant ainsi le lien entre l’habitation et la nature environnante.
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Sur le terrain de l’immeuble Casa Coupole se trouve un magnifique tamarinier, qu’il aurait été criminel de couper. Évidemment, Villedrouin a conservé cet arbre majestueux. Il parcourt chaque terrain en long et en large avant de dessiner un projet, tenant compte de toutes ses spécificités et se laissant guider par elles.